PATRIMOINE HISTORIQUE

Eglise Saint Antoine l'Ermite

José- Battice

Pour ce qui est des documents historiques, veuillez noter que l'orthographe de l'époque est respectée

Notes historiques sur Battice - Jean Lavaux - 1971

(société d'histoire et d'archéologie du plateau de Herve)

 

L'origine de José est ancienne. Par diplôme de l'an 779, l'empereur Charlemagne confirme les biens de l'abbaye de Chèvremont.  Or, nous pouvons lire dans cet acte, que le monastère en question possédait à Angelgiagas (José), quelques manses de terre qu'il avait acquises par voie d'échange de l'antique église de Saint Servais à Maastricht.  En 796, la ferme d'Angelgiagas est, avec diverses autres propriétés, cédée en cadeau de noces, par Charlemagne, à sa fille Emma.

 

Sous le règne de Notger, le nom du village est devenu Engelzeis.  Il fait partie de la principauté de Liège jusqu'à l'endroit désigné "Outre-Cour".  En 1366, Engelzeis est devenu Enjosée.

 

Au XVIIème siècle, le rattachement de José à l'avouerie de Fléron était depuis longtemps contesté par le Seigneur de Dalhem qui prétendait avoir des droits sur la localité.  Une déclaration solennelle du Conseil privé du Prince-Evêque de Liège en date du 6 juillet 1679 mit fin à la contestation et José fut réuni définitivement à la principauté.  En 1743, le village a pris son nom définitif.

 

En 1745 fut édifiée la chapelle de José, dédiée à Saint-Antoine l'Ermite :

 

"Jean-Théodore, par la grâce de Dieu, Evêque Prince de Liège, a tous ceux qui ces présentes verront, salut.  Voulant contribuer autant qu'il est en notre pouvoir au bien spirituel des habitants de José sous la paroisse de Herve, de notre diocèse de Liège.  Nous leur avons permis le 2 juin 1744 de faire bâtir une chapelle au dit village, sous la dot, clauses et conditions reprises dans les instrumens cy-joints, la quelle actuellement achevée et pourvue du nécessaire pour les Saints Mystères, notre cher en Jésus-Christ, Michelet nous a supplié avec eux de permettre de célébrer la Sainte Messe dans la dite chapelle, a quoi condescendans pour le plus grand bien des dits habitans.   Nous avons permis, comme nous permettons par les présentes, pour un terme de 7 ans au dit curé de célébrer et respectivement faire et permettre au prêtre desserviteur de la dite chapelle et autres de dire la Messe sous les clauses et conditions ci-avant, proposées et acceptées et reprises aux dits instrumens et spécialement en autres :

 

  1. que le prêtre ou desserviteur de la chapelle sera au choix du sieur le curé de Herve et devrat chaque année la veille de St-Jean-Baptiste, se présenter pour obtenir de lui une nouvelle prorogation; étant amovible "ad nutum" c'est-à-dire au grè et sera tenu à peine de "suspens a divinis" d'observer les conditions que nous lui prescrivons.
  2. il ne pourra bénir les cierges, palmes et cendres, chanter messe et Vèpres, ni faire dans la dite chapelle aucune fonction pastorale sans le consent exprès du dit curé.
  3. il sera obligé de tenir école depuis la fête de tous les Saints jusqu'au mois de mars parmi les rétributions accoutumées dans la paroisse et de faire les instructions à sa Messe et les jours de précepte conformément aux ordonnances épiscopales.
  4. aucun prêtre, soit régulier, soit séculier, même desserviteur de la chapelle ne pourra célébrer la Messe dans la dite chapellle les jours de Pâques, Pentecôte, Fête-Dieu et Assomption de la Ste Vierge de Tous les Saints dédicace et patron de l'église paroissiale, sinon pour la nécessité de personnes vieilles ou infirmes ou autres qui à cause de leur incommodité réelle ne pourroient entendre la Messe ailleurs et ce, selon la liste que le curé de Herve donnera au desserviteur, lequel devra aux dites solennités assister à l'office de la mère-église, ce qui aura lieu aussi bien après la consécration de la chapelle qu'à présent.
  5. les habitans de José seront et demeureront soumis aux mêmes obligations que ceux de Herve envers leur curé, église et marguelier, comme s'il n'y avait point de chapelle.
  6. s'il arrivoit quelque difficulté à l'égard des dites conditions ou celles que nous nous réservons de prescrire, le desserviteur et manant devront se tenir à l'interprétation et décision qu'en donnera le vicaire-général de Liège "pro tempore" sans pouvoir en appeler et ce, sous peine de nullité et révocation "ipso facto" de la permission de célébrer dans la dite chapelle.  Députons le dit curé pour faire la bénédiction simple de la dite chapelle.

 

Donné dans notre Cité de Liège, sous la signature de notre vicaire-général et sous notre scel sccoutumé.  Ce 1.12.1745"

 

Le curé de Herve l'a bénie le  24 octobre 1745 et y célébra la première messe.  Elle fut consacrée le 5 août 1757 par Monsieur Pierre-Louis Jacquet, évêque d'Hippone et suffragant de Liège.

 

Ce fut le 11 juillet 1842 que le Roi Léopold Ier mit l'église auxiliaire de José au rang des succursales.  L'Evêque de Liège fit la même chose dans un document donné à Liège le 29 décembre 1842.

 

Une nouvelle construction fut édifiée en 1908 sur l'emplacement de l'ancienne par les entrepreneurs Brandt Frères de Welkenraedt.

Elle est consacrée le 21 juin 1911.  Les plans avaient été dressés en 1907 par l'architecte Ch. Philippart de Herve.  Ce fut le curé Emile Moréas qui, chargé par l'Evêque de construire cette église, recueillit tous les fonds nécessaires, ce qui n'était pas tâche facile dans une paroisse en grande partie ouvrière.  Mais cependant, Monsieur le Curé, très érudit et très estimé de ses paroissiens parvint à son but malgré toutes les difficultés.  De style ogival, elle est flanquée d'une tour un peu originale.  Elle est d'un seul berceau et est en moellons des carrières de la Gileppe.

 

Une cloche fut placée en 1909 qui porte cette inscription :

 

Ma voix est un appel, une prière,

une jubilation, un glas.

Em. Moréas, curé.

 

 

Près de l'église un mémorial porte :

 

A nos morts

1940-1945

Albert DELTOUR

Tombé au champs d'honneur

Albert  FRANCK

Mort en captivité

Franz DANIELS

Victime, civil tué par

les Allemands

UN PEU D'HISTOIRE

 

(article paru dans la presse - Mr Goffin, doyen de Herve)

 

José est ancien.  Il est cité dans le document le plus vieux connu jusqu'ici relatif à notre région.  Par diplôme de l'an 779, Charlemagne confirme les biens de l'Abbaye de Chèvremont entre autres quelques manses de terre qu'elle possédait à Angeliagas. Or tous les archéologues sont d'accord pour dire que sous ce nom il faut reconnaître José.  Plus tard, au 12ème siècle, on rencontre la forme Engelzeis, dans un document de 1366, celle de Enjosées qui a fini par devenir José.

 

A la différence de Herve et Battice, José n'appartenait pas au duché de Limbourg.  Il faisait partie de la principauté de Liège et ressortissait à l'avouerie de Fléron.

 

Sa situation élevée, commandant la route de Liège, en faisait une excellente position stratégique : c'est ce qui lui a valu plusieurs fois le douloureux honneur d'être le théâtre d'opérations militaires.  Ainsi, en 1746, lors de la guerre de la succession d'Autriche, les trois armées Autrichienne, Anglaise et Hollandaise s'installèrent dans la campagne de José au nombre d'environ 80 000 hommes.  En 1790, à la guerre contre les patriotes, c'est encore sur les hauteurs de José que furent postés les canons autrichiens;

 

Au point de vue temporel, José a très longtemps formé une commune distincte ayant son bourgmestre et ses régents.  Au point de vue spirituel, il était compris dans la paroisse de Herve, s'étendant d'ailleurs à toute la commune actuelle de Battice.

 

Jusqu'en 1744, il n'y avait pas de chapelle à José.  En décembre 1743, les habitants s'adressèrent au Prince-Evêque de Liège pour obtenir l'octroi d'en faire bâtir une et dans leur requête ils faisaient valoir qu'étant en nombre de 336 personnes, dont environ 200 communiants et qu'éloignés environ d'une demi-heure de leur église paroissiale, il arrive souvent qu'à raison de l'éloignement et de la fatalité du temps en certaine saison, plusieurs personnes avancées en âge ne sont point capables de se rendre à la dite église pour y entendre la messe et assister aux offices divins et que d'ailleurs la jeunesse néglige particulièrement de s'y rendre à l'effet de recevoir les instructions convenables, ce qui cause que plusieurs restent dans l'ignorance des mystères de la Religion catholique.

 

A la requête présentée au Prince-Evêque, les habitants de la communauté de José avaient annexé des actes passés devant la Cour de Justice de Fléron, par lesquels il s'engagaient à bâtir la chapelle à leur frais, à l'entretenir, la doter, procurer une maison convenable et un jardin au prêtre qui serait chargé de la desservir et à lui assurer une rente annuelle de 30 écus.  le Prince-Evêque Jean-Théodore de Bavière leur accorda l'octroi demandé le 2 juin 1744.  On se mit immédiatement à l'œuvre et la nouvelle chapelle était entièrement achevée en 1745, car le 1er décembre de cette année, le même Prince-Evêque autorisati le curé de Herve P.A. Michelet d'y nommer un chapelain et d'y faire célébrer la messe, à l'exception des grandes fêtes de l'année.  Le chapelain était obligé de faire les instructions à la messe tous les jours de précepte et de tenir école depuis la fête de tous les saints jusqu'au mois de Mars.

 

Le 5 août 1757, la Chapelle fut consacrée solennellement par Pierre Louis de Jacquet, Evêque d'Hippone et suffragant du Prince-Evêque.

 

Un acte dressé par Gilles Cerfontaines, notaire admis et immatriculé par son Altesse l'Evêque et Prince de Liège nous fait connaître que les manants de José se réunirent en assemblée générale le 21 septembre 1743 afin de trouver les fonds nécessaires à la création de leur chapelle désirée depuis tant d'années.  Une bonne partie des dits manants n'était pas en état d'y contribuer. "En conséquence de quoi plusieurs des dits manants voulant témoigner le zèle et l'affection qu'ils ont pour la construction de la dite Chapelle déclarèrent y vouloir contribuer comme suit : le sieur Jean Sardon, capitaine et bourguemaître, du dit lieu avancerat cent francs au commencement  du travail, en outre se charge de placer à ses frais la porte de la dite chapelle de même que la balustrate du chœur comme aussi de veiller à l'ouvrage pendant tout le temps du travail, recevoir tous les deniers et les appliquer en paiement des journées des ouvriers et des matériaux et en rendre compte, le tout gratis ; le sieur Jacques Labeye a promis de livrer quarante milles de briques de bonne qualité à ses frais, comme aussi de livrer toutes celles qu'il conviendrat, excédantes les dites quarante milles à  sept francs le mille ; le sieur Jacques Cheslet fournira cinquante francs ; le sieur Olivier Leclercq, marchand, fournira 400 fr., scavoir la moitié pour assister à dresser les murailles et le résidu pour le toit ; la demoisselle Anne Marie de Fromanteau partie faisant pour le sieur Toussaint Joris marchand, son mari fournirat aussi 400 fr. et permettra d'avancer la dite chapelle huit pieds sur une prairie appelée la waide Jean le Hack, en considération de quoy le dit sieur Joris sera déchargé du passage qui est à pied sur la dite pièce de prairie le long du chemin ; le Rd sieur prêtre Polis (natif de José) fournirat aussi 200 fr., le sieur Michel Cheslet, le sieur Jean Hacboister, 50 fr., l'épouse Laurent Leket livrerat à ses frais 8 charges de chaux, Jean Laval livrerat deux milles cloux d'ardoises, Henri Ausay trois milles cloux pareils."  En outre, une quantité de manants s'engagent à travailler un certain nombre de journées par corwées.

 

Les habitants actuels de José ont imité l'exemple de leurs pieux ancêtres.  Presque tous les ouvriers ont tenu à donner leur offrande pour la construction de leur nouvelle église et on nous dit que Monsieur le curé a pu recueillir ainsi plus de cinq mille francs de ses paroissiens ; ce chiffre fait grand honneur à la paroisse de José dont la majeure partie se compose d'ouvriers houilleurs.

 

La nouvelle église sera construite entièrement en moellons de grès de l'Ourthe dans le style du 13e siècle ; les plans ont été faits par M. Charles Philippart, architecte à Herve.

LA NOUVELLE EGLISE DE JOSE

 

(article paru dans la presse - Mr Galand, doyen de Soumagne)

 

Si en descendant  des hauteurs de Xhendelesse ou du Rafhay, on laisse errer la vue sur l'horizon familier qui se déroule à partir du plateau de Magnée jusqu'aux blanches maisons de Battice, le regard, tout à coup, s'accroche à un nouveau clocher qui se dresse sur la colline de José.  El l'on s'arrête en se disant : voilà une nouvelle église joliment campée.

 

Jusqu'en ces derniers temps le vieux petit village de José ne possédait qu'une chapelle devenue insuffisante.

 

Grâce au zèle habile autant qu'infatigable de son sympathique curé, cette paroisse des hauteurs de la Solmania, pourra désormais s'enorgueillir de posséder un des plus jolis temples de la contrée.  Bâtie en moellons multicolores, la nouvelle église de José est de style ogival primaire, à une seule nef, terminée par un chœur à fond plat, éclairé par une grande verrière à trois lancettes, dont celle du milieu, moins élevée est surmontée d'un oculus.  Deux oculi percent les murs latéraux du chœur;

 

La nef est éclairée par 9 fenêtres à lancettes géminées que surmontent  à l'extérieur des arcs en tiers point.  Le tiers point a été appliqué scrupuleusement à toutes les parties de l'édifice et c'est ce qui donne à la construction un si beau cachet architectural.

 

Un porche s'ouvre dans le mur latéral gauche au fond de la nef ; c'est pourquoi l'église n'est éclairée au Nord que par 4 fenêtres tandis qu'il y en a cinq au Sud.  La voûte est construite sur armatures métalliques, en carreaux franquart.

 

Trois beaux vitraux qui décorent la verrière du chœur représente la Sainte Trinité et la Sainte Famille.  C'est un travail fort réussi qui sera une excellente recommandation pour la Maison Mertens de Koekelberg.

 

N'oublions pas de dire que l'église est peinte à fresque.  On sait que la peinture à fresque est un vieux procédé de peinture, qui consiste à peindre à la détrempe sur la troisième couche de platrage encore humide.  C'est M. Jamin de Liège qui s'est chargé de cette décoration.  C'est assez dire qu'elle sera exécutée avec la conscience d'un véritable artiste.  L'église a 34 mètres de longueur y compris les murs ; 32 m sans les murs ; 13 m de hauteur sous voûte; 10 m de largeur.

 

Un mot de la tour qui a 34 m de hauteur y compris la flèche.  Cette tour originale flanque la façade à l'Ouest ; elle est engagée de moitié.  La saillie n'est pas profonde, car étant rectangulaire, la tour a plus de largeur que de profondeur et c'est la peut-être la seule critique qu'on pourra faire à l'église.

 

Vu de côté, la tour paraîtra peut-être un peu étriquée.  A la façade, elle est appuyée aux angles par des contreforts assez épais qui, en la consolidant, diminuent sa maigreur et lui donnent un petit air de forteresse assez original.

 

Ce qui me plaît beaucoup dans cette tour, mais qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, c'est le campanile proprement dit.  Bâti en encorbellement, il érige au Nord et au Sud deux petits pignons aigûs et exhale les voix de l'airin sonore à l'Orient et au Couchant par 4 petites fenêtres ogivales du plus pittoresque effet.  Ai-je dit que deux sacristies flanquent le choeur;

 

En résumé, cette église fait plaisir à voir ; c'est sérieux, c'est architectural et qu'on a eu raison de préférer le moellon à la brique.  Mais il y a encore un mais.... c'est le presbytère qui est contigü à la tour ; ah non ça n'est pas beau ; ce que ça m'offusque.  Pas moyen de se camper devant cette tour.  Je gage qu'un jour ce malencontreux presbytère devra reculer.

 

C'est dimanche dernier que l'inauguration solennelle du nouveau temple a eu lieu par une grand'messe à 10 heures.  A la flèche de la tour, le drapeau national, uni au drapeau pontifical, flotte gaiement au vent, car le temps est splendide pour la saison.  Aussi quantité d'étrangers sont arrivés ; ils débordent dans José !  Puis voilà qu'un joyeux pas-redoublé annonce l'arrivée de la Fanfare du Collège Marie-Thérèse : musiciens et chantres prennent place au jubé ; M. le professeur Maquinay les dirige pendant qu'un autre professeur, M. l'abbé Van der Henst, tient magistralement les orgues.  C'est M. le Curé de José qui officie et à l'évangile M. le directeur du Collège, M.l'abbé Simon, prononce une charmante allocution où il félicite M. le curé Moreas et ses paroissiens et insiste sur les devoirs des fidèles envers N.S.J.C. présent sur l'autel.

 

La messe est exécutée en plain-chant et ces accents pieux qui n'ont rien de bruyant ni de théâtral, sont mieux de nature à élever les âmes vers Dieu, surtout quand ils  sont interprétés par une phalange disciplinée et homogène comme l'est celle des élèves de notre excellent collège.

 

Le Te Deum, suivi de la bénédiction du T.S. Sacrement, clôturera cette belle cérémonie.  Après-midi, au salut solennel, avec sermon de M. le Curé, termina dignement cette journée qui laissera aux paroissiens de José un souvenir inoubliable et qui les engagera à se montrer toujours dignes de la sainte religion que leur beau temple leur rappellera  chaque jour.

JOSE : fête religieuse

 

(article FIDELIS)

 

On nous écrit :

La nouvelle église, bénite jeudi par M. le doyen de Herve, a eu dimanche ses premiers offices solennels.  Rarement notre paroisse vit pareille affluence.  Dès le matin, sous un gai soleil qui vient amollir la gelée nocture des routes et des prairies, la joie frissonne dans l'air.  A la flèche du majestueux monument flottent les couleurs du Pape et de la Belgique.  Nombreux déjà  à la première messe sont les fidèles qui, fervents et recueillis,  viennent recevoir leur Divin Maître et le remercier, dans le cœur à cœur eucharistique, du succès de l'entreprise si vaillamment menée à bonne fin par leur dévoué pasteur.  Vers 9 h, une animation inusitée règne au village.  Tous les paroissiens sont au poste, même ceux des confins les plus éloignées.

 

les hommes circulent fièrement aux alentours de leur.... basilique : ils tiennent à l'honneur, semble-t-il, de recevoir dignement les étrangers qui vont vraisemblablement arriver en foule ; les femmes préfèrent entrer tôt et se réserver une bonne place : car malgré les dimensions du temple, il faut être prévoyant.  Dès 9h1/2, l'église est comble.  De toutes les directions, mais surtout de Herve, ce sont des groupes qui, sans cesse, se dirigent vers José... Tout à coup, de joyeuses fanfares éclatent : aux sons de joyeux pas-redoublés les élèves du Collège Marie-Thérèse font leur entrée au village.

 

Ils défilent devant les hommes rangés aux abords de l'église et vont prendre possession du jubé.  Dix heures sonnent : la grand'messe commence. M. le curé de José officie, assisté d'un nombreux clergé... Les orgues sont tenues par un artiste de première valeur, M. l'abbé Van der Henst ; les chants sont dirigés par M. l'abbé Maquinay - tous deux professeurs au Collège de Herve.  A l'évangile, M. l'abbé Simon avec son habituelle éloquence félicite M. le curé de José et ses chères ouailles, et insiste ensuite sur nos devoirs envers N.S. Jésus-Christ réellement présent sur l'autel.

 

Le propre et l'ordinaire de la messe sont exécutés en plain chant de l'édition vaticane rythmé par les Bénédictins de Solesmes.  A l'Offertoire, il nous est donné d'admirer un Ave Maria d'Aradelt (XVe siècle) et, après la Consécration, l'In nomine Jesu, de Handl (XVIe siècle).  Le tout enlevé avec la dernière perfection, sans le moindre accroc, les voix pures des soprani s'harmonisant dans un ensemble superbement homogène à celles, plus graves, des altos et des basses...  Cérémonie émouvante dans son imposante simplicité... Ah combien l'on a raison de dire que le plain chant est sans égal pour élever l'âme vers Dieu, pour exalter les gloires du Créateur en accents vraiment pieux, sans rien de bruyant ni de théâtral, mais avec expression qui met au cœur une suavité toute surnaturelle.

 

Oui, l'on se sent plus près du Maître, on l'aime davantage, après de semblables cérémonies !  Pour nous, nous ne pouvons mieux résumer notre impression que par ces mots que nous entendîmes d'un étranger qui, après la messe, s'approcha de M. Maquinay : "M. l'abbé, lui dit-il,  c'est tout bonnement merveilleux ! Bravo dono, aux jeunes chanteurs du Collège de Herve et à leurs maîtres éclairés ! Vous suivez la bonne voie, mes amis !  Puisse-t-on vous imiter davantage : n'en déplaise à certains chantres, - fussent-ils de toutes les cathédrales du monde - qui doués d'une voix de Stentor, se croient à nul autre pareils parce qu'ils font trembler les voûtes, avec goût musical et un sens du texte plus que douteux."

 

Après un Te Deum solennel et la bénédiction du T.S. Sacrement, la foule s'écoula lentement, s'écartant avec impatience au passage des courageux collégiens de Herve qui, sans désemparer, reprirent le chemin de leur ville en envoyant aux quatre vents les échos de leurs fanfares.

 

L'après-midi, un salut solennel, avec sermon par M. le Curé, termina dignement cette journée si bien passée au service de Dieu et qui ne laissera pas seulement, espérons-le, de douces émotions dans les cœurs, mais qui excitera les braves gens de José à se montrer toujours fiers de leur temple et de leur Dieu et de plus en plus attachés à la gloire de notre Sainte Religion.

Dernier hommage rendu à

d'anciens membres du conseil de Fabrique d'Eglise

Cher Marcel,


Pendant 60 ans, tu as fait partie du Conseil de Fabrique d’Eglise de José, assez tôt en tant que Président.

Pour toi, ce bénévolat était l’expression d’une foi sincère : tu voulais que l’église, appartenant aux Josétois, reste bien vivante, au milieu du village, alors que beaucoup de choses s’y éteignaient. Tu savais que si la vie chrétienne en faisait autant, tes concitoyens seraient coupés de leur histoire, et cela n’est jamais souhaitable.

Dès les années 1980, nous apprenions qu’autour de nous, les églises restaient fermées pour des questions de sécurité, n’ouvrant leurs portes que pour les offices !  Cela n’était pas dans tes idées : tu as écouté quelques paroissiens, car tu savais prendre l’avis des gens ; et en 1987, le Conseil de Fabrique a fait dresser les belles portes vitrées, qui séparent l’entrée de la grande nef.  Dans cette entrée se trouvent des cierges, des statues, des feuillets de prières,…etc.  Et depuis, l’église de chez nous est ouverte chaque matin et fermée chaque soir.  Beaucoup viennent y prier.

Que dire des innombrables coups de mains que tu donnais ?  Pour monter la crèche, par exemple.

Tu gérais le Conseil  comme tu gérais ta boulangerie : rectitude et honnêteté.  Tu élaborais les budgets avec logique et sérieux, allant régulièrement à l’Hôtel de Ville, à l’Evêché ou à la Députation Permanente. Bien sûr, tu as été attristé par le départ du clocher, dont les cloches, par bonheur, furent entreposées chez ton frère José.

Jamais tu n’oubliais la gratification aux acolytes.  Avec bon sens, tu acceptais les changements voulus par l’évolution des techniques : la sonorisation, le chauffage au mazout, l’éclaire plus efficace,….  Dans tous ces travaux, qui en auraient rebuté beaucoup, tu restais serein et tu veillais à ce que les membres du Conseil s’entendent, comme il convient à des gens qui oeuvrent pour Dieu et pour leurs frères.

Ta vie fut un bel exemple.  Jamais tu n’as tiré la moindre gloire de ces 60 ans de Conseil de Fabrique : ton efficacité n’avait d’égale que ton humilité et ton esprit de concorde.

Nul doute que St Antoine l’Ermite, patron de cette paroisse, que nous fêterons demain, t’accueillera pour te conduire près de Jésus.

Merci Marcel, et, au revoir !



Texte de Mme Jacqueline Xhonneux Chaussa, pour l’enterrement de Marcel

Fait à José le 11 janvier 2014

(Marcel Dewandre est décédé le 6 janvier 2014, il avait 89 ans)

Cher Fernand,

Le Conseil de Fabrique te remercie encore pour ta présence efficace parmi nous ; avec bonne grâce, tu réparais toutes les portes de l’église qui, tour à tour de rôle, coinçaient, traînaient ou gémissaient.

Tu as aussi insisté pour qu’on renforce solidement le plancher du jubé, et c’est encore toi qui aidais à installer la crèche, à la Noël, le tout avec une humeur égale jointe à un brin d’humour.

Et que dire de ton goût pour les chants de la messe ?

Encore merci, Fernand, et au revoir auprès de Jésus,

Le Conseil de Fabrique


Texte de Mme Jacqueline Xhonneux Chaussa, pour l’enterrement de Fernand

Fait à José le 22 mars 2014

(Fernand Thonnard est décédé le 19 mars 2014, il avait 88 ans)

Chère Jacqueline,

Quand nous étions jeunes, je t'appelais "Linette", le diminutif que te donnaient tes parents.  Quand tu es arrivée en 1970 avec ta famille à José, tu as remplacé mes parents qui partaient à Herve.

Nous avons renoué des liens grâce à nos enfants. Tu accueillais les miens pour jouer dans le parc.  En ont-ils fait des bêtises !

Je voudrais avoir ta facilité d'écrire et de dire les choses, parfois les plus sérieuses, avec l'humour qui te caractérisait.

Tous ceux qui te connaissent, savent que derrière cet humour, tu cachais une force de caractère qui t'a permis de traverser toutes les épreuves de la vie.

Tu avais toujours le mot juste pour réconforter et aider ceux qui te demandaient conseil.  Je me souviens de la chanson que tu avais écrite - sur l'air de cadet Roussel - pour fêter Raymond Annet notre organiste et chef de chorale ; que dire aussi de ton dévouement pour "ton" église que tu ouvrais tous les matins afin que ceux qui le désiraient puissent s'y recueillir.

Tu es partie en ce temps de Noël retrouver tes parents que tu chérissais.  Puisses-tu trouver, avec eux le repos, que tu as bien mérité. Au revoir Linette.


Madame Xhonneux,

Depuis de nombreuses année, on se côtoyait comme voisines. Peu à peu, des liens plus profonds se sont tissés.  Derrière la femme au caractère bien trempé, j'ai découvert une autre femme dont le coeur, grand comme cette église, savait écouter, conseiller, aimer.

Merci Madame Xhonneux


Si on me demandait : que représentait Jacqueline pour toi, je n'hésiterais pas.

La culture générale d'une part : elle pouvait vous parler de toutes sortes d'événements, certes parfois anciens, et avec tellement de passion que vous ne pouviez décrocher de ses lèvres.

D'autre part, l'amour de la langue française, qu'elle continuait à entretenir lors de ses après-midi "scrabble".  Plusieurs fois nous nous sommes retrouvées pour trouver le mot "juste" à mettre dans un courrier, et elle s'activait à prendre le Larousse et le dictionnaire des synonymes pour trouver le mot adéquat.

Franchement une belle personne, quand on a eu la chance de la connaître.


Textes de Mme Mimi Dewandre, Carole Legros et Sylvie Lefèvre pour l'enterrement de Jacqueline

Faits à José le 26 décembre 2017

(Jacqueline Xhonneux Chaussa est décédée le 21 décembre 2017, elle avait 78 ans)